Prothèse Discale Cervicale et Lombaire

EN CERVICAL

Les vertèbres de la colonne cervicale contiennent la moelle épinière cervicale, de laquelle se détachent les racines nerveuses destinées aux deux membres supérieurs. Par conséquent les hernies discales et les rétrécissements vertébraux peuvent comprimer la moelle épinière et entrainer une myélopathie, ou bien les racines des nerfs et entrainer une névralgie cervicobrachiale (douleur du cou, irradiant vers le bras, l’avant bras et la main, et parfois au crâne: névralgie d’Arnold).

La chirurgie de la hernie discale cervicale est le plus souvent réalisée par voie antérieure, car cela entraine peu de lésions des muscles, permet de ne pas avoir à écarter la moelle épinière.

 

EN LOMBAIRE

Ici, l’indication de mise en place d’une prothèse de disque est plus complexe et prend en compte de nombreux facteurs. Le patient est essentiellement gêné par des douleurs lombaires basses invalidantes, au premier plan, plus que par des douleurs radiculaires (sciatiques).

La chirurgie ainsi que l’accès à la colonne vertébrale lombaire par voie antérieure sont complexes.

L’intervention de référence consiste à enlever le disque intervertébral pour enlever la hernie qui appui sur le nerf. L’espace discal devra ensuite être comblé, soit par une cale (cage) remplie d’os ou équivalent qui permettra la soudure des 2 vertèbres (arthrodèse), soit par une prothèse dont l’interêt est de préserver la mobilité inter-vertébrale et ainsi de protéger les disques adjacents d’un vieillissement prématuré.

L’INTERVENTION

Elle se déroule sous anesthésie générale, et dure entre 45 minutes et deux heures, selon le geste réalisé.

 

EN CERVICAL

Le chirurgien incise la peau dans un pli du cou (incision horizontale ou oblique) et passe, selon les cas, à droite ou à gauche de la trachée et de l’œsophage. Il enlève le disque intervertébral (discectomie) ce qui lui permet de retirer la hernie discale, ou les ostéophytes ( excroissances osseuses comprimant les nerfs ou la moelle).

L’espace discal peut ensuite être comblé par un dispositif conservant la mobilité inter-vertébrale (prothèse discale). La peau est refermée avec un fil résorbable (pas de points à enlever) , des agrafes ou un fil résorbable et un drain, pour éviter un hématome.

 

EN LOMBAIRE

Le chirurgien incise la peau sous le nombril et va passer entre les muscles abdominaux puis sur de côté des viscères jusqu’à arriver sur la face antérieure de la colonne lombaire. A ce niveau, de gros vaisseaux sanguins (veines et artères) sont écartés pour permettre de travailler sur le disque.

Une fois le disque malade remplacé par la prothèse, la suture se fait sans drain, et la peau est suturée par des agrafes ou des fils non résorbables.

SUITES OPERATOIRES

Le patient se lève le jour de l’intervention. Lorsqu’un drainage a été mis en place, il peut-être enlevé le soir ou le lendemain de l’intervention.

 

EN CERVICAL

Cette opération n’est pas très douloureuse au niveau de la plaie. Elle entraîne une gêne pour avaler, (comme une angine), et parfois des douleurs entre les omoplates pendant 48 heures.

Pour une chirurgie sur 1 niveau, l’intervention peut-être réalisée en ambulatoire (sortie le soir même). Dans les autres cas, la sortie d’hospitalisation a lieu le lendemain de la chirurgie.

Le port de la minerve n’est le plus souvent pas nécessaire. La reprise du travail se fait entre trois semaines et trois mois, en fonction de l’activité du patient.

 

EN LOMBAIRE

La chirurgie est assez douloureuse au niveau du ventre. Bien souvent, il existera en postopératoire une constipation pendant 2 à 5 jours qui rentrera dans l’ordre ensuite. Des douleurs lombaires basses sont aussi classiques. Le patient est invité à se mouvoir le plus possible, sous couvert d’une ceinture lombaire qui lui sera prescrite durant l’hospitalisation.

LES RISQUES ENCOURUS

Il y a bien sur des risques et des inconvénients, comme pour toute intervention chirurgicale. Bien entendu, cette chirurgie n’est proposée que si les bénéfices attendus sont supérieurs au riques encourus.

Les risques propres à l’anesthésie, au positionnement sur la table d’opération, la phlébite ou l’ embolie pulmonaire, ou l’accident vasculaire cérébral sont exceptionnels.

 

EN CERVICAL

La lésion d’un organe profond ( trachée, œsophage, artère carotide ou veine jugulaire) sont également extrêmement rares, comme les complications neurologiques (insensibilité, faiblesse ou paralysie) qui sont évaluées à moins de 1% des cas. En cas de myélopathie, ce risque est plus élevé, pouvant aller jusqu’à 3 %, mais le plus souvent réversible . Le risque de paralysie complète et définitive existe, même si nous n’avons jamais rencontré cette complication.

Le nerf laryngé supérieur (nerf des cordes vocales) peut être étiré (< 1%) dans des interventions complexes, ou très basses (en dessous de le vertèbre C7) ce qui entraine une voix bitonale parfois définitive.

L’hématome compressif du cou (1%) peut entrainer une gêne importante à la déglutition et parfois à la respiration, nécessitant son évacuation chirurgicale en urgence.

La lésion d’un filet nerveux peut entrainer le syndrome de Claude Bernard Horner (<1%) : chute de la paupière, œil plus petit, et pupille plus fermée que l’autre.

Insuffisance de résultat : (10 %) des douleurs peuvent persister, souvent moins importantes qu’avant l’intervention, du fait d’une compression trop longue ou trop sévère, ou bien du fait d’un défaut de consolidation en cas d’arthrodèse, ou de dysfonctionnement d’une prothèse.

 

EN LOMBAIRE

Ici aussi, la lésion d’un organe profond est possible. La proximité des gros vaisseaux se dirigeant vers les membres inférieurs nécessite un soin tout particulier durant la totalité de la chirurgie. En cas de lésion vasculaire, les chirurgiens du Centre de Chirurgie du Rachis sont amenés à faire appel à l’équipe de chirurgie vasculaire de la Clinique du Pré, qui intervient immédiatement.

Il existe sur la face antérieure des vertèbres lombaires des filets nerveux très fins qui sont impliqués dans la fonction sexuelle. Dans de rares cas, ces filet peuvent être endommagés par la chirurgie, pouvant donner des symptômes sexuels (sécheresse vaginale, éjaculation rétrograde).

L’insuffisance de résultat est aussi possible, et le patient peut ne ressentir qu’une amélioration partielle de son état douloureux.

La rééducation postopératoire est un volet essentiel de cette prise en charge.